[CISPM] Appel de la CISPM à participer à la rencontre du 13 au 16 novembre 2014 à ROME

APPEL DE LA COALITION INTERNATIONALE DES SANS-PAPIERS, MIGRANT-E-S, REFUGIE-E-S ET DEMANDEURS D’ASILE (CISPM )

 à  participer à la rencontre du 13 au 16 novembre 2014 à ROME

 La CISPM appelle tous ses membres des mouvements et collectifs de Sans-papiers, Migrant-e-s d’Europe,réfugié-e-s et demandeurs d’asile à participer à la prochaine rencontre de travail et d’action qui se déroulera à Rome, du 13 au 16 novembre, consacrée à l’organisation des luttes, présentes et à venir au nom de notre revendication pour l’égalité, la dignité et la liberté de circulation et d’installation pour toutes et tous.

La CISPM, créée à l’occasion de la traversée hautement symbolique de 9 frontières en Europe lors de la 1ère Marche européenne des Sans-papiers et Migrant-e-s réalisée enjuin 2012, est le regroupement de collectifs de Sans-papiers et demandeurs d’asile résidant dans plusieurs pays européens, à ce jour : l’Allemagne, la Belgique, l’Italie, la France, les Pays-Bas, la Suisse. Mais aussi en Afrique : au Mali, en Côte d’Ivoire, au Sénégal et en Mauritanie, la CISPM visant de fait l’extension de la mobilisation à tous les acteurs de la migration, « ici et là-bas ». Son objectif est de lutter pour l’avancée effective des droits des Sans-papiers, Migrant-e-s, réfugié-e-s et demandeurs d’asile, à l’échelle européenne et internationale, la seule aujourd’hui pertinente pour attaquer les problèmes à leur véritable hauteur.

Par cette marche, nous cherchions à répondre en mouvement aux enjeux communs à tous les migrants dès lors qu’ils se mettent en route et débarquent en Europe. D’abord il nous fallait dénoncer les lois et pratiques de répression (arrestations au faciès, rétention, expulsions) chargés de « traiter le problème » de l’immigration, et réclamer un titre de séjour pérenne seul capable  de garantir une insertion réussie. Il nous fallait ensuite rappeler l’histoire, en réactivant le souvenir de nos anciens qui, depuis la colonisation, avaient si douloureusement, souvent jusqu’à la mort, contribué à la libération des peuples européens et à leur croissance économique. Il nous fallait aussi nous opposer aux délires les plus réactionnaires et racistes désormais à la mode en Europe, criant au loup face à l’immigration en temps de crise, et combattre la xénophobie. De plus, la crise économique et sociale touchant en priorité les populations les plus précaires et les plus pauvres, dont font partie les Sans-papiers et migrant-e-s, il nous fallait  aussi clairement exprimer notre solidarité avec l’ensemble de la population qui ne veut plus d’une société aux inégalités insupportables.

Nous autres migrant-e-s de la CISPM savons bien par expérience qu’il ne suffit pas de demander justice pour obtenir son plein droit, que seule la lutte patiente, longue, déterminée, reprise, renouvelée, peut espérer la mobilisation de toute la société pour un changement radical. C’est pourquoi, du 22 au 28 juin dernier, avec des centaines de Sans-papiers et migrant-e-s venus de plusieurs pays européens (Allemagne, Belgique, Espagne, France, Grèce, Italie, Pays-Bas), nous nous sommes rassemblés à Bruxelles autour d’actions et de débats, pour finir par une manifestation de 2000 personnes le jeudi 26 juin contre le sommet des chefs d’Etat consacré aux questions de l’asile et de l’immigrationCetteCaravane pour l’Egalité, la Dignité et la Justice sociale a montré la détermination de nombreux collectifs européens à lutter ensemble.

Aujourd’hui, l’Europe a choisi de traiter cette crise économique par l’accentuation de politiques d’austérité et de repli sécuritaire, alors qu’il s’agit en fait d’une véritable crise de civilisation, par manque total de la vision humaniste du monde dont nous avons tant besoin comme d’une nouvelle Renaissance.  Nous sommes de ceux qui pensons que ces politiques ne sont en rien « solutions », ni à l’économie en crise, ni à la vie quotidienne elle-même dans toute sa complexité, alors même que tout est fait pour accélérer privatisations, libéralisation des marchés, dissolution du code du travail, exploitation et délocalisation des travailleurs, éradication du service public, et en définitive, enrichissement des plus riches ! Pour notre part, nous ne pouvons accepter que notre situation de migrants soit instrumentalisée à des fins électoralistes, à plus forte raison que nos vies soient passées par pertes et profits dans le calcul égoïste d’un monde en faillite organisée.

Il est donc temps pour nous de prendre lucidement  la mesure de la situation, de faire reconnaître la valeur de notre présence en Europe, de penser politiquement notre lutte, afin d’être partie prenante des orientations de société qui seront décidées pour l’avenir, et de nous faire entendre à tous les niveaux d’autorité et de responsabilité dans les pays où nous résidons et travaillons. Tel est l’objectif de la réunion de Rome. Durant ces 4 jours, du 13 au 16 novembre 2014, des assemblées plénières seront tenues, inspirées par le travail des divers ateliers. Pour l’heure, quatre thèmes principaux sont retenus :  le travail dissimulé et la régularisation(économie, droit, politique de la question selon la diversité des Etats concernés), la liberté de circulation et d’installation ( questions de la frontière, de Frontex, des accords bilatéraux, des expulsions…), l’Union européenne ( alliée ou adversaire ?), les victimes  de l’immigration et les plaintes ( violences policières, noyades en Méditerranée, crimes racistes au Maroc contre les subsahariens, comment porter les plaintes…).  Parallèlement, des actions et manifestations seront organisées, pour lesquelles nous appelons les associations, les syndicats, les travailleurs, les étudiants, les mouvements sociaux,  les militants antifascistes, tous les citoyens et toutes les citoyennes,  à nous rejoindre et à soutenir par tous les moyens possible les interrogations et les propositions qui naitront de la réunion de Rome.

Nous revendiquons :

  • le droit à la libre circulation et à la libre installation.
  • la fermeture des centres d’enfermement pour les Sans-papiers et demandeurs d’asile. Nous nous associons à la campagne Frontexit qui exige le démantèlement de l’agence Frontex.
  • la régularisation de tous les Sans-papiers avec un titre de séjour pérenne et la réduction des taxes afférentes exorbitantes
  • l’arrêt des expulsions du pays d’accueil et des zones extraterritoriales destinées à l’externalisation des expulsions hors de l‘Europe.
  • la promulgation du droit de vote et de l’éligibilité à toutes les élections pour les migrant-e-s.
  • le respect inconditionnel du droit d’asile.
  • l’égalité de plein droit entre nationaux et migrant-e-s (accès au travail, à la santé, à l’éducation, à la culture, en particulier accès à tous les métiers selon les compétences, lutte contre la dé(dis)qualification professionnelle des migrants).

 Ces 7 points représentent nos fondamentaux et nos raisons de lutter.

 Tous ensemble à Rome, avec la CISPM, du 13 au 16 novembre 2014 !

 Pour la CISPM, (la liste des contacts et des signataires)

Aboubacar,  Alain , Sebastien , Sissoko…

Le 13 septembre 2014

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